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Télésurveillance ou vidéosurveillance intelligente : que choisir ?

Mis à jour le 31 octobre 2026 · 6 min de lecture

En bref

La télésurveillance transmet vos alarmes à une centrale : des opérateurs vérifient l'événement et appliquent les consignes convenues, par exemple l'envoi d'un intervenant. Une vidéosurveillance intelligente détecte automatiquement personnes et véhicules ; sans centrale, elle alerte votre propre équipe, qui vérifie et décide. Un enregistreur seul ne prévient personne : on consulte les images après coup.

Si quelqu'un entre dans vos locaux à 3 heures du matin, deux questions comptent : qui le voit, et qui se déplace ? Selon le dispositif, la réponse va de « personne avant le lendemain » à « un opérateur, puis un intervenant sur place ». Voici les trois configurations courantes dans une PME, et comment les combiner.

Trois dispositifs, trois façons de réagir

La différence ne tient pas à la qualité des caméras, mais à la personne qui voit l'événement, au moment où elle le voit et à ce qu'elle peut faire. Trois configurations reviennent dans les PME, seules ou combinées :

  • Enregistrement seul. Un enregistreur (NVR) conserve les images quelques jours. Personne n'est prévenu sur le moment : on consulte les images après un incident, pour comprendre ce qui s'est passé ou les remettre à la police.
  • Détection et alertes à votre équipe. Un logiciel repère des événements définis à l'avance : une personne dans une zone après la fermeture, un véhicule sur une aire de livraison, une caméra qui ne transmet plus d'image. Il prévient les personnes désignées, qui vérifient et décident de la suite. Il s'ajoute souvent à des caméras déjà installées.
  • Télésurveillance par une centrale. Les messages d'un système d'alarme, le plus souvent anti-intrusion, parfois complété par la vidéo, arrivent dans une centrale de réception d'alarme. Des opérateurs vérifient l'alarme (la « levée de doute »), puis appliquent les consignes convenues : appeler vos contacts, envoyer un intervenant, avertir la police.

Les trois dispositifs côte à côte

Le tableau résume les différences de principe.

Les prestations exactes dépendent du fournisseur et du contrat.

CritèreEnregistrement seulDétection et alertes à votre équipeTélésurveillance par une centrale
Qui voit l'événementPersonne sur le momentLes personnes que vous désignezUn opérateur, puis vos contacts selon les consignes
Délai de réactionAucun : l'événement est découvert après coupCelui de la personne alertée, selon sa disponibilitéOpérateur en principe joignable à toute heure ; délai sur place selon la distance et le contrat
Levée de douteAucunePar vous, avec l'alerte et les imagesPar l'opérateur à distance, sinon par une personne envoyée sur place
Intervention sur placeAucuneÀ organiser vous-même : piquet interne, entreprise de sécurité mandatéeIntervenant si le contrat le prévoit ; police après vérification
Coût récurrentFaible : maintenance, remplacement de disquesAbonnement, souvent par caméra, et temps de votre équipeAbonnement de raccordement et de surveillance, plus les interventions
PrérequisCaméras et enregistreurCaméras IP avec un flux exploitable, personnes joignablesEn général un système d'alarme compatible, des consignes écrites, un accès au site

Qui réagit à 3 heures du matin

Avec un enregistreur seul, personne : les images serviront après coup.

Avec une détection, c'est la personne qui reçoit l'alerte. Décidez qui la reçoit la nuit, le week-end et pendant les vacances, et ce qu'elle doit faire. Une brochure de prévention diffusée par la Prévention Suisse de la Criminalité recommande de ne pas considérer les smartphones, à la disponibilité aléatoire (réseau, batterie, proximité), comme un moyen de réceptionner les alertes, mais seulement d'en être informé.

Avec une centrale, un opérateur traite l'alarme. Il faut tout de même que quelqu'un puisse ouvrir les locaux et que la liste des contacts soit à jour.

La police pose aussi ses conditions. Dans le canton de Vaud, elle n'intervient que si la centrale ou le détenteur a d'abord vérifié la réalité de l'événement, par exemple par une transmission d'images ; à défaut, quelqu'un doit aller vérifier sur place. Le détenteur doit aussi garantir l'accès au site (notice de la police cantonale vaudoise). Les règles varient selon les cantons : renseignez-vous auprès de votre police cantonale.

Comment se composent les coûts

Les montants dépendent du site ; la structure, elle, varie peu :

  • Enregistrement seul : surtout de l'investissement (caméras, enregistreur, disques, pose), puis une maintenance occasionnelle. Voir notre guide sur le prix d'une installation de vidéosurveillance.
  • Détection et alertes : le matériel, souvent déjà en place, parfois une passerelle d'analyse, puis un abonnement, en général selon le nombre de caméras. S'y ajoute le temps de votre équipe, qui doit rester joignable.
  • Télésurveillance : le système d'alarme et sa pose, des frais de raccordement, un abonnement mensuel, puis les interventions sur place, incluses en nombre limité ou facturées à l'unité selon le contrat. Demandez par écrit ce qui est compris.
  • Fausses alarmes : dans le canton de Vaud, chaque déplacement de la police pour une fausse alarme, quelle qu'en soit la cause, est facturé de façon progressive : 700 francs pour la première fausse alarme sur 360 jours, puis 800 et 900 francs, TVA en sus (notice de mai 2023).

Normes et autorisations en Suisse

Pour les centrales, la référence technique est la norme européenne EN 50518 (édition 2019, amendée en 2023). Elle fixe des exigences minimales pour recevoir et traiter les messages d'alarme, en deux catégories. La catégorie I, aux exigences de sécurité et d'intégrité plus élevées, couvre notamment les alarmes intrusion et la vidéosurveillance de sécurité qui appelle une réponse d'urgence (résumé de la norme). Demandez à une centrale si elle y répond, pour quelle catégorie, et qui l'a vérifié.

Exploiter une centrale est aussi réglementé. Dans les cantons de Fribourg, Vaud, Valais, Neuchâtel, Genève et Jura, le Concordat sur les entreprises de sécurité soumet à autorisation la surveillance de biens pour des tiers, y compris au moyen de centrales d'alarmes. Selon la FAQ du canton de Vaud, l'exploitation d'une centrale d'alarmes privée y est soumise et ses opérateurs sont considérés comme des agents de sécurité. Le canton publie aussi la liste des centrales d'alarmes autorisées. Ailleurs, renseignez-vous auprès de la police cantonale.

Pour les secteurs commerciaux, la brochure de prévention citée plus haut recommande un système d'alarme certifié SES EN-CH de grade de sécurité 3, avec transmission des messages d'alarme à une centrale de réception d'alarme.

Si une centrale accède à vos images, précisez dans le contrat qui les voit et combien de temps elles sont gardées. Les règles de protection des données s'appliquent dans tous les cas.

Ce que demande votre assurance

Les conditions modèles de l'Association Suisse d'Assurances pour l'assurance de choses des entreprises demandent à l'assuré de prendre les mesures commandées par les circonstances pour protéger les biens assurés. Une infraction fautive aux prescriptions de sécurité peut réduire l'indemnité. Chaque assureur reste libre de fixer ses propres conditions. Demandez donc à votre assureur ou à votre courtier :

  • si votre contrat impose une alarme, un niveau de certification ou un raccordement à une centrale ;
  • si une détection vidéo avec alertes à votre équipe est prise en compte, et à quelles conditions ;
  • ce qui se passe si l'alarme est hors service ou non activée au moment d'un vol.

Combiner les dispositifs

Ces dispositifs ne s'excluent pas. Quelques combinaisons cohérentes :

  • Enregistrement et détection. La détection lit les mêmes flux que l'enregistreur, en parallèle : l'un garde les images pour l'enquête, l'autre prévient pendant l'événement.
  • Alarme reliée à une centrale, et détection pour votre équipe. La centrale traite les alarmes intrusion ; la détection par caméra signale ce que l'alarme ne couvre pas, par exemple une présence dans une cour ou sur un parking après la fermeture.
  • Détection en amont d'une centrale. Ne retenir que les personnes présentes dans une zone définie, à certaines heures, limite les alertes inutiles transmises à un opérateur. Une centrale ne traite toutefois que les signaux qu'elle sait recevoir : demandez-lui lesquels avant d'acheter.
  • Moins de fausses alarmes, c'est moins de déplacements facturés. Dans le canton de Vaud, la police peut en outre ordonner la mise hors service d'une alarme après plus de trois déplacements pour fausse alarme en douze mois.

Tervigil se situe dans la deuxième catégorie : la vidéo est analysée sur place par une passerelle locale, et les alertes partent par e-mail et dans l'application vers les personnes que vous désignez. Tervigil n'est pas une centrale d'alarme : pas d'opérateurs, pas de levée de doute à votre place, aucun signalement automatique à la police. Ce guide ne remplace ni l'avis de votre police cantonale ni celui de votre assureur.

Sources